L'Histoire de CALAIS

 

NAISSANCE DE CALAIS 

 

Calais, Clef de la France, fait face au port anglais de Dover, dont elle n'est séparée que par un détroit de 28 kilomètres environ. Cité héroïque à plus d'un titre, elle doit à sa position géographique le rôle important qu'elle a joué dans l'Histoire.

Le territoire de Calais forme l'extrémité occidentale de la grande plaine maritime flamande, aboutissant au pied des collines du Boulonnais dont le littoral a été gagner sur la Mer, au cours des siècles, par une lutte incessante contre les flots.

Des silex taillés ou polis des tombes d'hommes primitifs trouvés sur les hauteurs du Calaisis montrent que cette partie du continent fût habitée dès les temps préhistoriques. L'origine du nom de Calais est toutefois des plus obscures. Certains la font dériver du celtique KAL ou du saxon KEEL, signifiant "embouchure". Suivant d'autres, (et c'est la version la plus probable car Calais est appelée "Caletum" sur une ancienne carte), les "Calètes" ou "CAUCHOIS", venus, selon les commentaires de César, aider les Morins (habitants des Mers ou des marais) à s'opposer à l'invasion romaine, se seraient établis sur ce point peu peuplé, y fondèrent une colonnie à laquelle ils donnèrent leur nom ; celui-ci se transforma graduellement pour devenir CALAIS.

 

 

L'INVASION DE LA GAULE

 

L'invasion de la Gaule par les romains donna au Calaisis une grande importance. Etant le point le plus proche de l'Angleterre, il fût naturellement la base de départ de plusieurs tentatives de débarquement en Grande-Bretagne. C'est ainsi que César y rassembla une flotte de 800 à 1000 voiles qui, avec 5 légions et 2000 chevaux, se lancèrent à la conquête de l'Angleterre.

Longtemps simple village de pêcheurs, Calais ne fût aménagé qu'en 997 par le comte de Flandres, Baudouin 4. Et ce fut Philippe de France, fils de Philippe-Auguste, devenu comte de Boulogne par son mariage avec Mahaut, héritière du comté, qui comprit l'importance de ce port en raison de sa situation géographique. Il l'entoura de murailles flanquées de tours, fit creuser de larges fossés extérieurs afin de mettre la ville à l'abri de toute surprise.

Vers 1181, Gérard de Gueldre, comte de Boulogne, octroya à "son bon peuple de Calais" une charte lui accordant un échevinage. Sous la suzeraineté des comtes de Flandres, de boulogne et d'Artois, le port s'améliora et abrita bientôt un nid de corsaires chassant sans relache les bateaux britanniques qui s'aventuraient dans ses eaux.

 

 

LA GUERRE DE 100 ANS, LE SIEGE DE CALAIS ET LE DEVOUEMENT DES 6 BOURGEOIS.

 

Le roi Charles 4 étant mort sans descendance, la couronne de France fût attribuée à son cousin Philippe de Valois qui prit le nom de Philippe 4. Edward 3, roi d'angleterre et petit fils de Philippe Le Bel par sa mère, revendiqua alors la couronne de France et résolut à la conquérir par les armes.

La victoire remportée à Crécy le 26 Aout 1346 sur le roi de France, Philippe de Valois, ouvrait à Edward 3 la route vers le nord. Il donne quelque repos à ses troupes, puis se dirige vers Calais et commence le siège de cette place forte dont la prise sera pour lui le résultat le plus important de son heureuse campagne.

I a compris, en effet, que pour faire triompher ses prétentions à la couronne de France, il lui faudra conquérir, dans la France septentrionale, un territoire sur lequel il puisse débarquer ses armées en toute sécurité, pour faire ensuite la conquête du pays qu'il convoite et où, en cas de revers, elles trouveront un refuge certain.

Calais, qui est située en vue des côtes anglaises, possède un bon port et de solides murailles, convient à merveille pour l'établissement d'un camp retranché tel que le désire Edward 3. Calais est bien, suivant l'expression d'un de ses successeurs, "la serrure et la clef de la France".

Le 4 Septembre 1346, après avoir ravagé sur son passage le Ponthieu et le Boulonnais, brûlé les faubourgs de Montreuil, Etaples et Wissant, Edward 3 apparaît sous les murs de Calais. Il somme immédiatement le gouverneur Jean deVienne de lui rendre la Ville.

Edward 3 est bien résolu à s'emparer coûte que coûte de cette place d'armes que les chroniqueurs sont unanimes à considérer comme l'une des plus puissantes forteresses. Mais se rendant compte qu'il a peu de chance de réussir par un coup de force, il décide de prendre la Ville par la famine.

En prévision d'un long siège, Edward 3 bâtit entre Calais et les rivières de Guines et de Hames, le pont Nieulay, une véritable Ville qu'il appelle "Villeneuve la Hardie", amplement approvisionnée. Son armée, forte de 32000 hommes à son départ d'angleterre, comptera à un certain moment 100.000 hommes de troupe.

Jean de Vienne voit les préparatifs anglais et se rend compte qu'il sera bientôt contraint par la famine à se rendre. Il décide donc de faire sortir toutes les bouches "inutiles". Des centaines de pauvres dépourvus de biens et de provisions sont ainsi chassés. Certains chroniqueurs affirment qu'Edward 3 autorisa ces malheureux à traverser les lignes de son armée, d'autres par contre racontent qu'Edward 3 les repoussa et qu'ils moururent de froid et de aim entre la ville et le camp anglais.

Les premiers temps du siège sont supportables pour les Calaisiens qui se ravitaillent encore par la Mer. Les opérations du côté de la terre se réduisent à peu de choses au cours de l'hiver 1346-1347, juste quelques sorties des assiégés et des escarmouches engagées par les garnisons françaises des petites forteresses de l'Artois et du Boulonnais. Edward 3 utilise sans résultat une vingtaine de canons pour abattre les murailles. Aussi, décide-t-il le 15 Février 1347 de mobiliser une flotte de 120 vaisseaux qui interdiront en permanence l'accès maritime de Calais. Une seule escadrefrançaise de 30 vaisseaux réussit, le 10 Avril, en dépit de la vigilance de la flotte ennemie et malgré les fortifications élevées par les assiégeants et les obstacles de toute nature à l'entrée du chenal, à pénétrer dans le port. Les autres tentatives échoueront lamentablement ; les navires tombant aux mains des anglais. Dès lors, Calais n'eut plus d'espoir que dans le secours venant de la terre...

Le 26 Juin, Jean de Vienne adresse une lettre au roi de France. Les anglais s'en emparent et Edward 3 se rend ainsi compte que la famine est à son comble dans la Ville. Dans cet appel émouvant à Philippe de Valois, il écrit notamment :

"Sachez qu'il n'y a rien qui ne soi tout mangé, et les chiens et les chats et les chevaux ; et de vivres nous ne pouvons plus trouver si nous ne mangeons chair de gens, si nous n'avons pas un bref secours".

Un chroniqueur anglais place à cette époque l'exode de centaines de Calaisiens qui auraient péri sous les murs de la Ville, l'assiègeant leur ayant refusé la traversée de son camp.

Cepandant, Philippe de Valois comprend la nécessité de tenter un grand effort pour secourir et conserver une place de premier ordre qui résiste héroïquement. Depuis le 24 Mai 1347, il concentre à Arras une armée considérable. Après avoir vainement demandé aux flamands leur concours, il dirige ses troupes vers Hesdin, Fauquembergues, Lumbres, Nordausques, Tournehem et Guines. Ce 27 Juillet, l'armée Française, forte de plus de 100.000 fantassins et de 35.000 cavaliers paraît enfin sur les hauteurs de Sangatte, à la grande joie des Calaisiens qui pensent que la bataille va s'engager rapidement.

Le roi de France fait aussitôt reconnaitre le terrain et chercher les points d'attaque les plus favorables. L'examen des positions ennemies lui révèle que la nature du terrain et les mesures défensives prises par Edward 3 rendent toute attaque impossible. Philippe de Valois propose alors à Edward 3 un combat en rase campagne. Ce dernier refuse , sachant que Calais est à sa merci.

Cependant, le 29 Juillet, les légats pontificaux apportent des propositions de médiation du Pape Clément 6. Durant 3 jours, les propositions sont transmises d'un camp à l'autre. Bien que les Français offrent le Duché de Guyenne et le comté de Ponthieu pour la délivrance de Calais, les négociateurs se séparent sans compromis. C'est que le désaccord est trop profond entre Edward 3 dont on connait les prétentions au trone de France et Philippe 4, roi effectif.

Pendant ce temps, les malheureux Calaisiens que la faim torture et que seule l'espérance d'être secourus soutient, multiplient les signaux de détresse et leurs cris vers le roi de France, accompagnés de bruits de trompettes et de feux durant trois nuits consécutives. Malgré ces appels désespérés, Philippe 4 ne risque pas l'attaque, la jugeant impossible. Dans la nuit du Mercredi 1 au Jeudi 2 Août 1347, il donne l'ordre de repli. On devine aisément l'abbattement des Calaisiens qui perdent ainsi tout espoir.

Aussi, le 3 Août, Jean de Vienne sentant l'impossibilité de continuer la résistance, après avoir tenu conseil avec ses compagnons d'armes et les bourgeois restés dans la ville, vient-il aux créneaux demander à parlementer. Edward 3 envoie aussitôt Gautierde Mauny et quelques chevaliers à qui Jean de Vienne fait connaître son intention de rendre la Ville à la condition d'accorder vie sauve à la garnison et à la population. Edward 3 très irrité par l'extraordinaire résistance des Calaisiens et la perte de beaucoup d'hommes et d'argent exige une capitulation sans conditions. Gautier de Mauny promet à Jean de Vienne d'essayer de fléchir la rigueur du roi.

En présence du roi, Gautier de Mauny répète la conversation qu'il a eue avec le Gouverneur de Calais.Edward 3 persiste dans son intention, Gautier de Mauny, bravant la colère de son roi, lui montre la rigueur de sa décision.Tous les barons présents comprennent qu'en somme, le seul crime des Calaisiens était de combattre pour leur roi. Aussi, se joignent-ils à Gautier : Edward 3, ébranlé, dit enfin sa sentence :

"Seigneurs, je ne veux pas être tout seul contre vous tous. Gautier ; vous irez vers ceux de Calais et direz au Capitaine que la plus grande grâce qu'ils pourront trouver et avoir de moi, c'est qu'il parte de la Ville, 6 des plus notables bourgeois, pieds nus et la corde au cou et les clefs de la Ville et du Château en leur main et d'eux je ferai ma volonté, et le reste j'en prendrai pitié"

Gautier revint en hâte auprès de Jean de Vienne qui l'attend sur les remparts et l'informe de la décision de son maître. Jean de Vienne le remercie et lui demande de demeurer le temps de communiquer son message aux Calaisiens. Il fait aussitôt sonner les cloches et assembler la population sur la place du marché et fait connaitre les conditions imposées par le vainqueur.

Des cris, des gémissements, des pleurs répondent à ses paroles et lui-même est fort ému. Un moment après, le plus riche bourgeois de la Ville, Eustache de Saint-Pierre se lève et dit :

"Seigneur, il serait grand malheur de laisser un tel peuple mourir ici de famine quand on peut trouver un autre moyen. J'ai si grande espérance de trouver grâce et pardon envers notre Seigneur si je meurs pour sauver ce peuple, que je veux être le premier ; je me mettrai volontiers en chemise, nue tête, la corde au cou, à la merci du roi d'angleterre".

Chacun s'approche de lui et le remercie, des hommes et des femmes se jettent à ses pieds en pleurant. Devant cet héroïque exemple, un autre très honnête et riche bourgeois, Jean d'Aire, se lève et déclare sa volonté de partager le sort de son compère. Un troisième, Jacques de Wissant, dit vouloir faire compagnie à ses deux cousins. Puis ce sont Pierre de Wissant, son frère, Jean de Fienne et Andrieux d'Andres. Les 6 bourgeois se dévêtent, tous nus en leurs chemises, mettent la corde au cou et prennent les clefs de la Ville et du Château chacun en tenant une poignée. Quand ils sont prêts, Jean de Vienne se met devant eux et prend le chemin de la Porte accompagnés des hommes femmes et enfants qui pleurent, se tordent les mains et crient à haute voix. La scène est poignante. Au delà de la Porte, Jean de Vienne dit à Gautier qui l'attend :

"Je vous livre comme Capitaine de Calais, avec le consentement du peuple de cette Ville, ces 6 bourgeois, et je vous jure qu'ils sont et ont toujours été les plus honorables...".

Et ils s'en vont vers leur destin au camp des anglais. A leur arrivée, le roi Edward 3 vient sur la place en face de son palais ayant à ses côtés la reine Philippine de Hainaut sa femme (qui était enceinte) et les seigneurs de sa cour. En présence du roi, les 6 bourgeois se mettent à genoux et disent en joignant leurs mains :

"Gentil Sire et gentil roi, voyez-nous les six, qui avons été d'anciens bourgeois et grands marchands de Calais ; nous vous apportons les clefs de la Ville et du Château ; nous nous mettons en votre pure volonté pour sauver le "demeurant" du peuple de Calais qui a beaucoup souffert de privations. Veuillez avoir de nous pitié et merci par votre très haute noblesse".

Les seigneurs et chevaliers présents ne peuvent s'empêcher de les prendre en pitié et ont grand peine à parler.

Le roi les regarde très en colère car il avait le coeur si dur et si épris d'un grand courroux qu'il ne peut parler. Quand il le peut enfin, c'est pour dire qu'on leur coupe la tête. Tous les barons et chevaliers présents ainsi que Messire Gautier de Mauny prient le roi de les prendre en pitié mais en vain. C'est alors la reine d'angleterre qui ne pouvant se retenir de pleurer, se jeta aux pieds du roi et dit:

"Ah, gentil sire, depuis que je repassai la Mer en grand péril comme vous le savez, je ne vous ai rien demandé ; or, je vous prie humblement et requiers à mains jointes que pour l'amour du fils de Sainte-Marie et pour l'amour de moi, vous veuillez avoir de ces hommes mercy"

Le roi attend un moment, regarde la reine qui pleure, s'émeut et ne veut pas lui faire peine et dit :

"Ah, Madame, j'aimerai mieux que vous fussiez autre part qu'ici ! Vous me priez si tendrement que je n'ose vous éconduire malgré que j'en ai envie. Tenez ! je vous les donne ! faites-en votre plaisir!"

Alors la reine joyeuse se lève, fait lever les 6 bourgeois, leur enlève les cordes qu'ils avaient au cou et les emmène avec elle dans sa chambre, les fait vêtir, leur fait servir à diner, leur fait remettre à chacun 6 nobles d'or et les fait conduire hors du camp en sûreté. Ils s'en vont demeurer dans plusieurs villes de Picardie. Le lendemain, 4 Août 1347, Calais est occupé et Gautier de Mauny prend possession de la Ville et du Château.. Son premier soin est d'ordonner de mettre Jean de Vienne et ses chevaliers en prison courtoise, en attendant leur transfert en angleterre jusqu'à ce qu'ils aient payé leurs rançons. Les simples hommes de troupe sont rassemblés dans la halle pour y déposer leurs armes, puisrenvoyés. Il fait amener dans la Ville des charettes entières de victuailles qui sont distribuées aux habitants. Cette distribution a des effets désastreux car plus de 300 personnes succombent pour avoir absorbé trop de nourriture trop vite. Ceux qui survivent sont expulsés, car Edward 3 a résolu de peupler la Ville de sujets anglais. Seul un prêtre et quelques personnes agées restent à Calais pour fournir des renseignements relatifs aux coutumes anciennes de Calais.

Telle est, d'après les "Chroniques" de Froissart, la version la plus généralement admise de la reddition et du dévouement des 6 bourgeois. En 1895, l'illustre Rodin a figé dans l'immortalité du bronze, la sublime nudité de nos héros.

Le traité de Brétigny, en 1360, confirma aux anglais la possession de Calais qui devint dès lors et pendant 210 ans une Ville anglaise en France jalousement gardée. Elle devint une base militaire d'où partaient chaque jour des incursions qui ravageaient les villages environnant restés Français. Aussi, la Haine de l'anglais éclatait-elle partout. Elle est d'ailleurs encore aussi forte de nos jours !...

Les Français essayèrent bien quelques coup de main pour reprendre Calais mais sans vif succès. Charles 5 offrit alors à Edward 3 en 1377 diverses compensations, notamment la Guyenne mais ce dernier refusa dédaigneusement, tant il tenait à Calais. D'autres tentatives d'échanges eurent le même sort...

Tant que les anglais occuperont Calais, la guerre ne finira pas, déclara le Roi de France en 1451.

De ces 2 siècles d'occupation, les anglais ont toutefois laissé quelques ouvrages utiles comme l'amélioration et l'augmentation des fortifications de la Ville, l'assèchement du territoire du Bas-Calaisis par un système de Watergangs et l'achèvement de l'église Notre-Dame de Calais en style Tudor.

Le Port de Calais fut toujours le grand souci des anglais, étant le seul point de la Mer du Nord accéssible aux vaisseaux anglais, le chenal fut aggrandi et approfondi, des jetées construites, le bassin du paradis fût creusé pour servir d'abri aux embarcations. Tous ces ouvrages maritimes étaient défendus par le Fort Risban dont de maigres ruines subsistent encore aujourd'hui à l'entrée de l'Avenue de la Plage. Point stratégique de premier ordre, le Port était le lieu de passage des troupes anglaises venant combattre en France et des somptueux équipages qui participaient aux fêtes royales. C'est dans la Cour de l'Etape aux laines qu'Henri 8, d'angleterre, à la veille de son divorce, reçut François 1er, roi de France en 1532 et y rencontra également Anne de Boleyn. A cette occasion il y donna de grandes festivités. On connait la fin malheureuse d'Anne de Boleyn qui 4 ans plus tard, eut la tête tranchée par le bourreau de Calais à la Tower of London.

 

 

 LE CAMP DU DRAP D'OR

 

A quelques kilomètres de Calais, entre Ardres et Guines, se déroulà en 1520 l'entrevue du Camp de Drap d'Or, entre rois de France et d'angleterre. Ce ne furent, pendant un mois que festins, tournois, bals et fêtes, auxquels participèrent environ 10.000 bourgeois et nobles. Le cardinal de Wolsey en était l'organisateur ; les participant y déployèrent tant de fastes, d'éléances et de richesses que la plupart furnet ensuite totalement ruinés...

 

 

LA REPRISE DE CALAIS PAR LE DUC DE GUISE

 

 L'occupation anglaise prit fin en 1558 à la suite d'une campagne audacieuse mais très bien préparée et qui ne dura que 8 jours. Cette campagne fût menée par le Duc François de Guise. Cet évènement jeta autant de consternation et d'abattement chez les anglais qu'il causa de joie chez nous.

Le Duc de Guise parait sur les hauteurs de Calais le Samedi 1 Janvier 1558 à la tête d'une formidable armée. Dès son arrivée, il s'empare de Sangatte et du Fort Nieulay. Le lendemain, les canons du Fort Nieulay se font entendre et l'attaque de Calais commence. Les anglais se défendent courageusement et l'artillerie les aident à repousser momentanément l'armée Française dans le Fort Nieulay. Le soir, le duc tient conseil et on décide qu'il faut attaquer le Fort Risban.

Le Duc de Guise accompagné du Duc d'Aumale, des maréchaux de Thermes et de Strossy, du Baron d'Estrée, de Saussac, de Taranne, de Sénarpont et plusieurs autres, va reconnaitre se Fort, en passant par la dune, à marée basse. Le jeune d'Aligre est envoyé pour sonder le Port. Le lendemain matin, les batteries d'artilleries placées en face de ce Port ont bientôt commencé l'attaque. La prise des Forts Nieulay et Risban enhardit les assiègeants.

Le Mardi, 4 batteries sont disposées en face de la Porte du Havre qui est aussitôt renversée, ainsi que les tours environnantes. Le Duc de Guise ne voyant pas la brêche assez considérable pour pénétrer dans la place , ordonne une nouvelle attaque pour le lendemain. Il va se poster en face du Château avec 33 pièces de canon. Ces batteries font une brèche qui permet de voir le Château à découvert. Le soir de cette attaque, d'Andelot, à la tête de 1500 arquebusiers, passe le courant et vient prendre le Quai. Le jeudi 6, jour des rois, les batteries de canon recommencent un nouveau feu ; le Duc de Guise vient donner courage à son infanterie, et le soir, vers 21 heures, toutes les troupes sont en bataille. Le Maréchal de Strossy soutient la division du Baron de Grammont, et après un combat vif et opiniâtre, l'armée Française force les anglais à abandonner le Château pour se réfugier dans la Ville.

Mylord Dunford, Gouverneur anglais de la Ville, ne croit pas la perte du Château irréparable, ayant sous ses ordres une garnison très forte et un grand nombre d'habitants bien armés. Il décide de reprendre le Château ; mais les Ducs d'Aumale et d'Elbeuf, frères du Duc de Guise, s'y sont enfermés avec d'Andelot et suffisament de troupes. Les anglais doivent vite abandonner leur tentative en rentrent dans la Ville. Le Duc de Guise fait le lendemain une descente dans Calais et force les anglais à capituler.

Mylord Dunford envoie au Duc de Guise ses propositions de capitulation. Le Duc de Guise, comme l'avait fait Edward 3 lors de la prise anglaise de Calais, les refuse.Par la même estafette il renvoie ses exigences qui sont acceptées sans mot dire. Les voici :

"Que les anglais auroient la vie sauve, sans qu'il leur fût fait aucun tort, ny à l'Honneur des Dames et Damoiselles. Que les habitants se pourroient retirer où bon leur sembleroit, en France, en Angleterre ou en Flandres avec bon et suffisant pasport, sauf cinquante, tels qu'il pairoit au Duc de retenir, le Gouverneur y compris. Que la garnison se retiroit en angleterre sans armes ny drapeaux, laissant toute artillerie avec les munitions et les vivres, sans rien rompre ny gaster, brusler, cacher ou empirer, et ne seroit fait aucun dommage aux maisons et autres places, non pas même en arracher un clou, ny d'effouir hors de terre. Que quant leurs meubles, or et argent monnoyé, marchandises, chevaux et autres bestiaux, le tout demeuroit à la disposition du Duc, pour en disposer selon son bon plaisir".

Cette capitulation ainsi réglée, est exécutée le 7 Janvier 1558 ; les Français entrent dans la Ville et les anglais en sortent, à l'exception du Gouverneur et des cinquantes habitants que le Duc s'est réservé. Le lendemain, le Duc de Guise fait son entrée dans Calais et y établi l'ordre qu'il veut faire observer en attendant que le roi en dispose autrement. Les Français trouvent sur la Porte de Château, une pierre sur laquelle sont gravés des vers qui les amusent à loisir :

"Les français à Calais viendront planter le siège,

Quand fer et plomb nageront comme le liège"

Henri 2, roi de France, pour témoigner sa satisfaction à ceux qui ont le plus puissament contribué à la reprise de Calais, donne au Duc de guise l'hôtel de ce nom, connu précédemment sous le nom d'Etape des Laines ; à Jean de Monchy de Sénarpont, trois corps de ferme, dont une à Sangatte (la Caille-Motte), une autre à Coquelles (la Rouge-Cambre) et la troisième à Saint-Tricat, contenant ensemble 1958 mesures de terres, outre un ôtel dans la rue Royale à Calais. François de Coligny est gratifié de l'hôtel du Gouverneur, dans la rue Courtenvaux.

A la suite de la reprise de Calais, Henri 2 accorde à la Ville des armoiries composées ainsi : l'azur au croissant d'argent, surmonté d'une fleur de lys d'or, couronné de même d'une courronne royale ; l'écusson est accôté de 2 croix de Lorraine, à cause du Duc de Guise de la maison de Lorraine qui a fait la reconquête de cette Ville et, à la pointe un écusson rond d'argent à la croix alaisée d'or , cantonnée de 4 croisettes de même.

Le reine Marie Tudor, qui n'avait pas assez veillé à la sécurité de Calais, ne se consola jamais de la perte "du plus beau fleuron de la couronne d'angleterre". Elle avait refusé l'aide de son époux Philippe 2 d'Espagne : elle se sentait responsable de cette incalculable perte. Le chagrin hâtat sa mort qui survint cette même année 1558. Elle dit en mourant : "Si l'on ouvrait mon coeur, on y trouverait gravé le nom de CALAIS".

Quand aux Français ; ils revinrent en foule s'installer à Calais, cité qui prospéra rapidement.

 

 

L'OCCUPATION ESPAGNOLE 1596-1598

 

 En moins d'un demi-siècle, Calais accumula des richesses immenses qui tentèrent la cupidité et devirent la proie de l'armée de l'Archiduc Albert, quand ce prince s'empara de Calais par surprise en 1596. Soumise alors pendant 2 ans aux espagnols, Calais ne redevint Française que 2 ans plus tard au traité de Vervins, sous le règne d'Henri 4. Ce roi augmenta les fortifications de Calais, que compléta à son tour le Cardinal de Richelieu par la construction de la Citadelle en son temps et plus tard Vauban par de nouveaux travaux défensifs.

 

 

CALAIS ET LE 17ème SIECLE

 

 Pendant tout le 17ème siècle, Calais, inviolée demeura convoitée à la fois par les espagnols et les anglais qui ne surent, heureusement concilier leurs efforts ni leurs intérêts. Notre Ville, en alerte perpétuelle, retentit ainsi d'un branle-bas de combat qui ne cessa pas.

En 1628, une entreprise espagnole échoua lamentablement bien qu'aidée par la traitrise de Du Parc. En 1657, une nouvelle attaque amena encore les espagnols jusqu'aux Portes de Calais où ils plantèrent leurs drapeaux avant même d'être entrés en criant "Ville gagnée" mais reculèrent plus vite qu'ils n'étaient venus, sous la ruée de nos bourgeois ; ils eurent à peine le temps d'emporter 3 chariots emplis de leurs blessés. De 1694 à 1696, ce furent les anglais et les hollandais qui conduisirent des assauts par la Mer mais leurs bombardements ne causèrent guère de dégats et n'émurent pas outre mesure les Calaisiens qui voyaient ces scènes d'un oeil goguenard. Néanmoins, le commerce Calaisien fut ruiné par ces guerres incessantes et les prises de nos bateaux corsaires, bien que considérables, furent une compensation insuffisante par rapport aux pertes marchandes subies.

En 1658, Louis 14, malade, fût soigné à Calais par Du Saussoy, médecin d'Abbeville, qui le soigna avec le fameux vin émétique.

 

 

CALAIS ET LE 18ème SIECLE

 

 Le début du 18ème siècle ne s'ouvrait pas non plus sous de meilleurs auspices ; la flotte anglaise continuait de croiser au large, menaçante et nos corsaires, livrés à eux-mêmes pour défendre les eaux territoriales se payaient d'audace et de ruses pour suppléer à leur infériorité numérique. La situation devint si critique que Vauban, en 1706, songea au projet héroïque de répandre l'inondation sur tout le pays pour le sauver de l'invasion, le fort Nieulay fut d'ailleurs modifié à cet effet. Pour comble de malheur, les Hollandais se joignirent aux anglais ; il ne restait aux Calaisiens que la ressource de composer avec les ennemis, en payant aux Hollandais une sauvegarde de 40.000 écus sur leurs ressources.

La "Guerre de Course" se poursuivit néanmoins jusqu'àprès la révolution de 1789. En la seule année de 1757, nos hardis marins amenèrent pas moins de 500 prises dans le Port ainsi qu'en celui de Boulogne.

Calais fut embellie sous chaque règne. Pierre le Grand y débarqua en 1717, quand il vint visiter la France. Au cours de ce siècle, la Ville fut profondément soulevée par la querelle religieuse janséiste, la population soutenant l'Evèque de Boulogne et le Clergé local la bulle "unigénitus"

 

 

CALAIS SOUS LA REVOLUTION ET L'EMPIRE

 

La révolution ne troubla pas la Ville de Calais, toujours bien trop occupée avec la guerre avec l'angleterre qui accentua une misère déjà grande. En 1789, Calais comptait 6.000 habitants intra-muros et le Calaisis 15.000 en tout. Les prêtres ayant été invités à se conformer à la loi et à prêter serment, des insurrections eurent lieu le 16 Août 1791 mais l'ordre fût rétabli grâce au tact et à la fermeté du Maire de l'époque , Jacques Leveux. Lors de la réunion des Etats Généraux, Calais devint Chef-Lieu de District.

Le Premier Consul Napoléon Bonaparte visita Calais le 10 Mars 1803 et le 30 Mai 1804. Le 27 Septembre 1803, les anglais, une fois de plus !, bombardèrent la Ville et une fois de plus sans aucun succès militaire. On parla longtemps de cette tentative car en 1825, les Calaisiens n'avaient pas encore obtenu leurs réparations des dommages de guerre.

En 1805, Napoléon 1er fit au Camp de Boulogne des préparatifs importants en vue d'envahir l'angleterre et 6.000 hommes étaient campés à Saint-Pierre-les-Calais (maintenant Calais-Sud), aux abords de Calais. Cette entreprise ne put être menée à bien ; aussi, pour ruiner l'angleterre, Napoléon décréta en 1807 le Blocus Continental. Pour s'y conformer, le 03 Décembre 1807, les Calaisiens dûrent brûler sur le Port, une grande quantité de marchandises prohibées.

 

 

LA RESTAURATION

 

Le 24 Avril 1814, le roi de france Louis 18 rentrant d'exil débarqua à Calais pour prendre possession de son trône. Une colonne commémore cet évènement. La restauration fût pour Calais une période de prospérité. Elle fut le signal d'une véritable invasion anglaise, mais toute pacifique, cette fois, et dont depuis plus d'un siècle, le flot n'a cessé de s'accroitre jusqu'à nos jours.

C'est sous la Restauration que des anglais de nottingham introduisirent en contrebande des metiers à dentelles qui furent à l'origine de l'industrie de la dentelle qui devait prendre tant d'extension que Calais est maintenant connue pour produire la meilleure dentelle du monde entier.

En même temps, de grandes transformations firent de Calais un port moderne. En 1842, le Bassin Ouest fut inauguré. La ligne de chemin de fer Calais-Paris fut inaugurée en 1848. Ces équipements joints au développement énorme de l'industrie de la dentelle mécanique provoquèrent une augmentation importante de la population. En Janvier 1885, les deux agglomérations de Calais et Saint-Pierre les Calais fusionnèrent pour donner naissance à une Grande Ville unique qui resta nommée Calais. En 1889, un bassin à flots fut inauguré par le Président Carnot et le port fut doté d'un outillage perfectionné. De vastes hangars, une gare centrale et une nouvelle gare maritime furent bâtis.

La Ville nouvelle, plus que doublée en étendue, avait besoin de nouveaux édifices (théatre, hôpital, hôtel de Ville, etc...). Les travaux entrepris ne furent arrêtés que par la guerre.

 

 

LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

 

Pendant la guerre de 1914-1918, la Ville fût très éprouvée. Elle était ardemment convoitée par les envahissuerss et les anglais ne pouvaient imaginer les allemands installés à Calais. Ils défendirent donc leur base de débarquement et d'opérations sur le continent qui était en même temps le grand entrepôt d'approvisionnement des armées britanniques et belges. Malgré leurs efforts, les allemands ne purent jamais approcher de Calais, le front des Flandres sur l'Yser et les fronts d'Artois et de la Somme tinrent fermement à distance les envahisseurs.

L'ennemi tenta d'empêcher les mouvements entre la France et l'angleterre ainsi que l'approvisionnement des troupes par de nombreux bombardements aériens qui, jusque la veille de l'Armistice, ont ouvert en nos murs des trouées sanglantes sans toutefois entamer le moral des Calaisiens.

La paix signée, Calais reçut le 25 Aout 1919 la récompense de son attitude héroïque : la Croix de Guerre avec citation à l'ordre de l'Armée :

"Ville héroïque dont l'ennemi fit, durant plus de 4 ans, l'objet de ses efforts. Exposée l'une des premières aux bombardements aériens qu'elle eut à subir presque sans arrêt, a maintenu intacte, malgré les dangers et les pertes, toute son activité. A témoigné ainsi d'une fermeté d'âme digne de son glorieux passé et offert le plus pur exemple de patriotisme énergique"

Les ruines des 71 bombardements furent réparées, les 28.000.000 de dégats causés à la propriété furent oubliés, mais la Ville meurtrie garda toujours le souvenir de ses 228 tués civils et de plus de 2.200 de ses enfants glorieusement tombés sur les champs de bataille.

 

 

L'ENTRE-DEUX GUERRES

 

Calais reprit sa vie très active de Port de transit et rétablit ses relations rapides entre la France et l'angleterre. Port marchand, il traitait en partie les produits qu'il recevait tout en restant un actif port de pêche et le premier centre mondial de la dentelle mécanique. La prospérité de son commerce et de ses industries attira un afflux de population. Celle-ci était de 47.000 âmes en 1885 à la réunion entre Calais et Saint-Pierre-les-Calais ; en 1939, elle était de 68.000 et Calais était alors la 41ème Ville de France.

 

 

LA SECONDE GUERRE MONDIALE

 

En Septembre 1939, lors de la déclaration de guerre, Calais devint à nouveau la principale base anglaise de débarquement avec tous ses dépôts d'approvisionnements. Calais fut naturellement l'objectif premier des allemands qui, cette fois, tirant la leçon de la bataille de la Marne, ne recommencèrent pas leur erreur de 1914.

Dès Septembre 1939, les bombardement du port et de la Ville reprirent, en raison des débarquements journaliers de troupes anglaises. Puis ce fût l'offensive allemande du 10 Mai 1940, la débacle, l'exode des belges et des populations du Nord qui déferlaient sur les routes de Dunkerque, saint-Omer, Calais et Paris, constamment bombardées. Le 20 Mai 1940, les routes traversant la Somme étaient coupées par les allemands et, dès lors, le long cortège d'évacués dût s'arrêter et trouver asile.

Dans le ciel Calaisien apparurent de nombreusesvagues d'avions allemands qui bombardèrent le Port et, le 21, sous un déluge de bombes, le dernier bateau anglais emmenait les ressortissants britanniques.Durant les jours qui suivirent, l'étreinte ennemie autour de Calais se ressera progressivement ; des troupes étaient signalées d'abord à l'Ouest puis au Sud et enfin à l'est, tandis que les bombardements par avions continuaient à intervalles irréguliers. Le 23 Mai, des chars d'assaut allemands étaient à Guines et à Ardres, à 10 kilomètres de Calais.

 

 

L'OCCUPATION

 

Le Samedi 25 Mai 1940, vers 05H00 du matin, les premiers éléments de l'infanterie allemande entraient en Ville et vers 06H00, occupaient l'Hotel de Ville. A partir de ce moment commença la bataille entre la section du Vieux Calais, où s'était retranchée la garnison alliée et celle de Calais Saint Pierre où l'armée allemande était campée. A 11H00 un avion survola la Ville et la Citadelle et y jeta des tracts sommant la garnison alliée de se rendre.

Les bombardements aériens du Vieux Calais s'étaient intensifiés, en même temps que le pillonement d'artillerie, ce qui provoqua de nombreux incendies. Monsieur André Gerschel, faisant fonction de Maire et envoyé comme parlementaire par les allemands pour obtenir la reddition des alliés, se vit opposer un refus formel et fut retenu dans la Citadelle. Pendant 36H00, la bataille fit rage et le Dimanche 27 Mai à 17H00, faute de munitions et ayant subi des bombardements causant des pertes énormes, la garnison alliée fut contrainte à la reddition. Durant 4 années, Calais fut constamment bombardée. Calais-Nord n'était plus qu'un champ de ruines. Les allemands fermèrent par la suite toute cette partie de la Ville pour en faire une zone secrète . Calais essuya le bombardement des batteries anglaises de Dover ainsi que des bombardiers Lancaster, Wellington et autres durant toute l'occupation. La population calaisienne n'en conserva pas moins un calme désormais traditionnel et un moral digne de ses ancêtres.

La violence des bombardements fut telle, qu'en Février 1944, 15000 enfants et vieillards durent être évacués dans la Mayenne, la Marne et la Nièvre. Sur les 70000 habitants que comptait la Ville avant la Guerre, il n'en resta plus que 25000.

Vint le débarquement allié le 06 Juin 1944 avec l'espoir d'une proche délivrance. Hélas il fallut attendre encore bien des mois au cours desquels la vie était intenable en raison de la violence accrue des bombardements alliés. Et pendant ce temps les allemands ne restaient pas inactifs et des travaux de défense furent effectués dans tous les coins de la Ville ainsi que des minages. Puis par mesure défensive, les allemands exécutèrent un plan longuement murit d'inondation des terres par la Mer, sans s'inquiéter du ravitaillement des Calaisiens restés sur place. Ces inondations allèrent jusque Saint Omer et Dunkerque.

Mais la progression aliée s'accentuait. La 3ème Division canadienne, commandée par le Major-Général Spry fut signalée le 02 Septembre 1944 vers Guines ; l'attaque de la Ville était imminente. La circulation publique fut interdite vers 18H30.

 

 

LE SIEGE ET LA LIBERATION

 

Le 06 Septembre 1944, le Lieutenant-Colonel Schroeder, Commandant de la forteresse de Calais, prescrivit l'évacuation de certains quartiers de la Ville, menaçant de peines sévères les récalcitrants. Mais aucun Calaisien n'exécuta l'ordre et Schroeder dut proclamer l'état de siège.

Le ravitaillement devint de plus en plus difficile et par suite de rupture des canalisations, l'eau et le gaz manquait, il n'y avait plus d'électricité non plus. A partir du 13 Septembre il fallut organiser des cuisines collectives pour les Calaisiens restés sur place. A part pour manger, les Calaisiens restaient dans leurs caves, à cause des bombardements incessants. Le 28 Septembre, un officier allemand de la Kommandantür laissa entendre au Commissaire Central de Police que les allemands proposaient une négociation avec les canadiens. Les alliés acceptèrent d'ouvrir les négociations. Le 29 , le Commandant Mengin accompagné d'un officier canadien et d'un officier anglais, en présence du Maire, éxigèrent la reddition , ce que refusa le Commandant allemand.

Dans ces conditions l'évacuation fut décidée et exécutée sous 24H00 grâce au Commandant Mengin qui exorta les Calaisiens à partir, ce qu'ils firent en chantant la Marseillaise !... Ensuite des bombardemants commencèrent et amenèrent la capitulation des allemands le 30 Septembre à 17H30 Le pénible siège avait duré un mois, l'occupation allemande était terminée et les Calaissiens réfugiés en campagne revinrent à Calais ayant comme premier geste de resortir l'étendard national.

 

 

RUINES, DEUILS ET ESPOIRS

 

Calais dénombra alors des pertes parmi la population qui étaient de :

- plus de 400 militaires morts au Combat

- 38 fusillés et morts en déportation

- 583 victimes civiles

- 34153 personnes sinistrées

Calais était sinistrée à 73 %, le quartier de Calais-Nord qui comptait avant guerre 11600 habitants était intégralement détruit, les autres quartiers ayant grandement souffert également. C'est ainsi que 20 ponts et 54 batiments publics furent détruits. Le Port avait subi de tels dégats qu'il resta inutilisable, longtemps après la libération. Sur les 17700 immeubles que comptait la Ville avant guerre, seuls 860 étaient intacts.

Calais une fois encore se releva avec courage et commença à se reconstruire.

En raison de son attitude héroique, Calais est titulaire de la Croix de Guerre 1914-1918 avec citation à l'Ordre de l'armée ainsi que de la Croix de la Légion d'Honneur et de la Croix de Guerre 1939-1945 avec Palmes.

 

 

CALAIS AUJOURD'HUI

 

Calais est aujourd'hui une ville de 85000 habitants qui est resté un carrefour d'échanges commerciaux et est devenu un carrefour d'échanges culturels. Calais reste la capitale mondiale de la Dentelle, mais c'est aussi la Ville du Tunnel sous la Mer du Nord (et non pas sous la Manche comme beaucoup le pense...).Calais est aujourd'hui de nouveau envahie tous les jours par des milliers d'anglais, qui cette fois ci ne viennent pas livrer bataille, si ce n'est avec des caddies d'hypermarchés tant l'attrait de Calais pour tout le royaume-uni est grand. Calais est aujourd'hui l'Eldorado anglais. D'angleterre ils viennent aujourd'hui pour remplir jusqu'à des camions entiers de bières, vins et spiritueux ainsi que de fromages, de lessive en poudre, de chocolats, d'huile d'olives, de marmites "Le Creuset" et autres articles. L'attrait de la France en général et du Calaisis en particulier est immense pour les sujets de la Perfide Albion, et pas seulement pour la nourriture mais aussi pour s'installer dans notre région. Le Calaisis reste à 00H35 d'Hovercraft des côtes anglaises, aussi nombres de riches anglais ont acheté une résidence secondaire en Calaisis pour les vacances et Week-Ends et beaucoup ont même décidé de changer de nationalité et de s'installer en France .

Enfin une invasion pacifique ???!...

 

 

ARMOIRIES DE LA VILLE DE CALAIS

 

Les armoiries de la Ville de Calais portent des gueules à l'écusson en abyme d'azur chargé d'une fleur de Lys d'or, soutenue d'un croissant d'argent. Le dit écusson est sommé d'une couronne royale d'or, accosté de 2 croix de lorraine d'argent et accompagné en pointe d'un écusson arrondi d'argent chargé d'une croix alaisée d'or, cantonnée de 4 croisettes du même. Le blason est surmonté d'une couronne murale d'or maçonnée de sable à 5 tours au baies de sable. Accordée en 1558 par Henri 2 à la reprise de Calais, les armoiries furent confirmées par lettres patentes de Louis 18, le 19 avril 1817.

 

 

LE DRAPEAU DE CALAIS

 

Calais est l'une des seules 5 villes de France à être autorisée à avoir son propre drapeau, sur ordonnance royale, avec Dunkerque, Boulogne sur Mer, Le Havre et Saint Malo.

Le drapeau calaisien est celui qui flotta sur l'ancien beffroi, à la tête des milices bourgeoises et au mats des vaisseaux corsaires de la Ville.